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Racisme, immigration et asile
Neuf idées reçues à l'épreuve des faits

     

Pourquoi une telle brochure?

De nombreux préjugés sont associés aux étrangers. Délinquants en puissance, profiteurs, dealers, et j’en passe.
Sans parler des idées reçues. Qui n’a jamais entendu, lors d’une discussion de bistrot, son voisin dire que « plus y aura d’étrangers, plus y aura de racistes. » Ou que les réfugiés « vivent mieux que nos vieux. D’ailleurs, y roulent souvent en Mercedes. »
Le but de cette brochure est de tordre le cou aux idées reçues qui alimentent le racisme. En exposant des faits que trop de gens ignorent.
Savez-vous par exemple que 99% des étrangers n'ont jamais commis le moindre délit? Que les cantons les plus xénophobes sont généralement ceux qui comptent le moins d'étrangers? Ou encore que l'aide sociale octroyée aux requérants d'asile est inférieure de 25% à celle dont bénéficient les Suisses? Ou encore que...

La LICRA-Valais vous souhaite une bonne lecture!
Alexandre Mariéthoz
Président  

 

    

    

« Un grand nombre d'étrangers est délinquant. »

Si l’on fait abstraction des condamnations ''bénignes'' (lois sur la circulation, sur le séjour des étrangers et code pénal militaire), la part des condamnés est de 0,3% chez les Suisses, 0,6% chez les étrangers résidents et 1% en considérant l'ensemble de la population étrangère (y compris les requérants d'asile et les clandestins). Conclusion: 99% des étrangers n’ont rien à se reprocher.
Les – petites – différences entre Suisses et étrangers s'expliquent assez facilement:

  • Le niveau socio-économique et de formation influence grandement les risques de sombrer dans la délinquance. Or les étrangers sont globalement moins formés et moins payés que la population suisse. En moyenne, les immigrés gagnent 27% de moins que les Suisses.

  • Les étrangers sont en moyenne plus jeunes que les Suisses. Ce phénomène explique leur propension légèrement plus élevée à commettre des délits. Un jeune de 20 ans a plus de chances de braquer un kiosque qu'un rentier AVS de 78 ans…

« Les gens deviennent racistes quand il y a trop d'étrangers. »

Nous n’avons pas peur de l’étranger que nous connaissons, mais de l’étranger que nous ne côtoyons jamais. Plusieurs études ont révélé que la xénophobie est forte là où il y a peu d’étrangers.
C’est aussi vrai en Suisse. Lors des votations sur l’immigration et l'asile, les cantons qui comptent peu d'étrangers se montrent les plus xénophobes. Le 24 novembre 2002, l’initiative UDC « contre les abus dans le droit d’asile » a été acceptée le plus nettement par les cantons de Glaris, Schwyz, Saint-Gall, Thurgovie et Appenzell Rhodes-Intérieures. L'initiative a par contre été balayée à Genève et à Bâle-Ville.

« La Suisse est le pays d'Europe qui compte le plus d'étrangers (20%). »

Il est très difficile d’obtenir le passeport à croix blanche. Contrairement à la plupart des pays européens, la Suisse applique le droit du sang. Cela signifie qu’un étranger né en Suisse ne peut prétendre à la naturalisation, à moins de résider dans notre pays depuis au moins six ans. La durée de résidence exigée atteint même douze ans pour les étrangers qui n’ont pas vu le jour en Suisse. Cette pratique très restrictive explique la proportion élevée d’étrangers que compte la Suisse.
Le taux d'étrangers serait d'environ 6% si la Suisse appliquait le droit du sol (naturalisation de tous les étrangers qui sont nés dans le pays ou qui y vivent depuis plus de cinq ans). Une telle politique permettrait à de nombreux immigrés parfaitement intégrés, et dont plus personne ne réalise qu’ils sont étrangers, d’obtenir la nationalité helvétique.

« Les étrangers coûtent très cher à la Suisse. »

Par leurs cotisations, les étrangers contribuent de manière importante à ce que nos assurances sociales puissent fonctionner financièrement. L'exemple le plus parlant est l'AVS. Des centaines de milliers d'étrangers ont freiné le vieillissement de la population et permis de maintenir un rapport soutenable entre population active et non active.
Près de 25% des cotisations aux assurances sociales sont versées par des étrangers, alors qu'ils ne reçoivent que 12% des prestations.
L’étranger n’est ni un parasite qui profite de notre système social ni, à l’exception d’une petite minorité, le trafiquant de drogue que certains politiciens nous dépeignent à longueur d’année. Les étrangers sont un pilier de notre système économique et social.

« Les requérants d'asile sont mieux traités que nos vieux. Sans avoir besoin de travailler. »

L'aide sociale accordée aux demandeurs d'asile est inférieure d'environ 25% à celle dont bénéficient les Suisses et étrangers établis.
Chaque mois, la Confédération verse 1200.- par adulte et 950.- par enfant au canton d'accueil. Cette somme englobe l'hébergement (360.-), une assistance pour les coûts de la santé (258.-), les frais d'encadrement (102.-) et un forfait d'assistance (480.-). Seule une partie ou l’intégralité de cette dernière somme, qui comprend la nourriture, l’habillement et l’argent de poche, est versée directement aux personnes intéressées. Au total, un requérant reçoit entre 8 et 15 francs par jour.

Enfin, un requérant est interdit de travail durant les trois mois qui suivent le dépôt de sa demande d'asile. Certains cantons adoptent une attitude encore plus restrictive et rendent l'accès au marché du travail quasiment impossible.

« La Suisse est le pays européen qui accueille le plus de requérants d'asile. »

Nos statistiques ne sont pas comparables à celles des autres pays européens. En Suisse, une famille de six personnes équivaut à six demandes. Ce n'est pas le cas dans les autres pays européens, qui enregistrent une seule demande par famille. La Suisse comptabilise en outre, contrairement à ses voisins, les réfugiés admis à titre provisoire (environ 31'000 personnes). De telles pratiques contribuent à gonfler artificiellement les effectifs de l'asile.
Des données standardisées montreraient que la Suisse se situe au-dessus de la moyenne européenne en matière d'accueil de réfugiés – et non en tête du classement.

« Seuls 10% des requérants d’asile sont de vrais réfugiés. »

Les effectifs de l'asile englobent les personnes en voie d'expulsion (14,6% du total au 31 décembre 2002), les requérants en cours de procédure (29,8%), les réfugiés statutaires (27,8%) et les personnes admises à titre provisoire (27,8%).
Cette dernière catégorie est très particulière. Il s'agit généralement de personnes qui fuient la guerre. Une protection temporaire leur est accordée, en attendant que la situation s'améliore dans leur pays d'origine. Les réfugiés kosovars ont bénéficié d’une telle mesure, en 1999. 27,8% des requérants d'asile sont des admis à titre provisoire. Ces personnes devront rentrer dans leur pays, une fois la guerre terminée. Elles n'ont aucune chance de pouvoir rester durablement en Suisse.
Ce privilège est réservé aux réfugiés statutaires, qui représentent 27,8% des effectifs de l'asile. Il s'agit souvent d'opposants politiques, qui fuient des régimes dictatoriaux ou des Etats qui persécutent une minorité ethnique. Pour ces gens, un retour au pays est tout simplement impensable.
Conclusion: au minimum 55,6% des personnes relevant de l'asile sont des gens persécutés. 29,8% attendent que l'administration statue sur leur sort. Enfin, les 14,6% restant ont vu leur demande refusée. [insérer graphique]


« Les juifs sont trop puissants. »

Souvent, les personnes antisémites surestiment le nombre de juifs qui résident en Suisse. Beaucoup pensent que la population juive de Suisse est supérieure à 100'000 personnes – la réalité étant de 18'000.
Cette tendance à exagérer l’influence des juifs a été façonnée par des siècles d’antisémitisme. Au milieu du 14ème siècle, certains ecclésiastiques ont vu dans la peste noire un acte satanique orchestré par les juifs. A la fin du 19ème siècle, la police tsariste a diffusé les Protocoles des Sages de Sion. Elle a présenté ce livre inventé de toutes pièces comme l’œuvre diabolique d’un conseil de sages juifs, dont le but serait de dominer le monde et d'anéantir la chrétienté.
Ce genre de propagande a créé le stéréotype du juif tout-puissant et avide de pouvoir.

« Avec la loi contre le racisme, on ne peut plus rien dire. »

L'article 261bis du code pénal est un instrument de dernier recours, que les associations antiracistes utilisent lorsque toute possibilité de dialogue ou d'arrangement à l'amiable est exclue.
Son champ d'application est limité à des actes de racisme particulièrement graves. L'article 261bis punit les personnes qui, en public, nient un génocide ou propagent une idéologie visant à rabaisser les membres d'une race, d'une ethnie ou d'une religion. A titre d'exemple, il est interdit de déclarer, lors d'un meeting politique ou d'un débat public, que les Noirs sont des macaques.
Par contre, chacun peut proférer une telle absurdité en privé. Chaque citoyen peut aussi affirmer, même publiquement, qu’il y a trop d’étrangers en Suisse. Il s’agit en effet d’une opinion qui n’attaque pas spécifiquement les membres d’une race, d’une ethnie ou d’une religion.

La LICRA-Valais en bref

La section valaisanne de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) est une association laïque et indépendante. Son action est principalement basée sur la sensibilisation du public, ainsi que sur l'information et l'enseignement.
La LICRA combat, à l'aide des instruments juridiques existant, la négation des génocides et l'apologie des crimes contre l'humanité. Elle mène également un travail de prévention dans les écoles, sur la base de courts-métrages montrant le racisme au quotidien. Enfin, la LICRA intervient régulièrement dans des formations sur le racisme.  
   

Principales sources: Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD); Office fédéral des étrangers; Office fédéral des réfugiés; Office fédéral de la statistique; Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).

Texte: Alexandre Mariéthoz

© LICRA-Valais

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