Jusqu'à la victoire  TOUJOURS

 

 

     

Racisme et blasphème

Le siècle qui a débuté est bougrement passionnant et terriblement inquiétant, à défaut d’être religieux. Partout c’est la grande confusion. En France, les défenseurs de la laïcité s’empêtrent de manière ostensible dans le voile. En Espagne, Aznar raccroche les crucifix et la prière matinale et espère l’aide des Polonais pour faire inscrire au dos des euros, européos por la gracias de Dios, de sombre mémoire. Cela ne serait pas plus absurde que le in god we trust qui figure sur le dollar. Bush et sa clique s’en prennent au reste du monde dans une logique de croisade. Bref, il nous faut reconnaître que les bigots, grenouilles de bénitiers, barbus et sandalistas de toutes espèces sont bien plus résistants qu’ils n’en avaient l’air. Dommage que le Peuple valaisan soit si austère, autrement je dirais que les monothéistes commencent sérieusement à me les hacher menu, menu.

Les armes des lumières, droit de l’homme contre obscurantisme, raison contre passion, société civile contre communautarisme sont en train d’être déviées de leur sens par les bigots, curetons, intégristes avec ou sans barbes, ayatollahs et évêques. Le délit de racisme est invoqué à tort et à travers, dans des expressions aussi délirantes que racisme anti-jeune, anti-vieux ou anti-suisse. Comme si la jeunesse, la vieillesse ou la suissitude avait quelque chose à faire là-dedans. Le racisme, c’est croire au concept de race, avait défini une fois pour toute Claude Lévi-Strauss.

Au nom de la liberté d’expression ou au nom du droit à la différence, on tente d’interdire l’expression non conforme, parce que non orthodoxe, alors que l’article premier de la liberté d’expression garantit le droit au blasphème, nom de dieu ! Dans une société démocratique, chacun peut porter sa croix, invoquer Mahomet, Raël ou Trosky, se laisser pousser la barbiche ou les ongles, se raser le crâne et déambuler dans des tuniques rose pâle en agitant des clochettes de bronze. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais qu’ils nous laissent le droit de les trouver ridicules ou méprisables, de le dire et de l’écrire.

Tout ce que le Valais compte de conservateurs mal dégrossis, font des gorges chaudes, dans une campagne assez bien orchestrée du reste, pour nous expliquer que le canton doit rester la terre catholique romaine de leurs ancêtres. Ah, si seulement ils poussaient la fidélité aux racines en demandant d’introduire une initiation à la cosmogonie celte dans les programmes ! Faudrait peut-être se réveiller, recycler les bâtons des tapagoilles pour faire taire les grenouilles de bénitiers… On n'en veut plus de ce Valais-là ! Par Toutatis.

Gabriel Bender